Dans l’élan Take Care! instauré sur l’édition janvier 2023 de Maison&Objet Paris, de nombreuses marques de design soutiennent des associations œuvrant dans différents domaines pour un monde plus juste, plus résilient et plus beau. Certaines, comme Pôdevache, en sont même à l’origine.
Le film s’ouvre sur un tunnel, il y a une lumière au bout mais on n’y est pas : « Ensemble pour la santé mentale de nos ados. » Le slogan de l’association Génération Mercredi qui diffuse la vidéo, est d’aider les jeunes à traverser le mal être qui peut advenir à l’adolescence, les sortir du tunnel avec leur famille.
La démarche de la fondatrice, Frédérique Faveron (voir interview ci-dessous) rejoint les initiatives lancées sur Maison&Objet Paris. Prendre soin de soi, de sa santé mentale et physique, des autres, de la planète, de ses savoir-faire est une démarche qui poursuit son essor. La notion de « care » incarne cette nécessité et voit les exemples se multiplier. Marqueur de société et relais des tendances de fond qui animent notre époque en quête de sens, le salon s’est emparé de cet impératif il y a deux ans pour trouver des réponses concrètes et positives aux côtés des exposants qui se mobilisent pour un monde meilleur, éveillé, engagé.

Les marques partenaires sont challengées, deviennent des « role models » dans les thèmes du social, de l’égalité, du genre, du handicap, du droit des femmes, de l’inclusion, de l’environnement… l’Humain en général. C’est le cas de Moulin Roty, Artiga, As’Art, Ateliers C&S Davoy, Baolgi, Doudou et compagnie , Chehoma , Athezza, L’Indochineur, EA Déco, Marie Daâge, Le père Pelletier, Mariage Frères qui soutiennent Prométhée Humanitaire, une structure qui accompagne les enfants des rues depuis vingt-sept ans. La créatrice de Pôdevache pousse, elle, la bienveillance en allant jusqu’à créer sa propre association caritative.

La créatrice de Pôdevache porte Génération Mercredi, une association quivient en aide aux ados en souffrance en offrant un lieu d’accueil pluridisciplinaire à mi-chemin entre une clinique, un centre culturel et une école hybride. Salutaire.
Frédérique Faveron : J’ai été juriste pour des collectivités locales puis collaboratrice de cabinet d’élus avant d’entamer une carrière de quatorze ans en tant que fournisseur en grande distribution dans le secteur de la maison et du bricolage. Je n’évoluais pas sur le circuit premium de la déco mais avais tout de même une casquette création qui m’a menée à monter ma société en 2017.
Un des axes forts de Pôdevache, c’est l’humain. A 42 ans, c’est ce qui me manquait le plus dans mon parcours, j’ai eu besoin de plus d’affect et d’émotion. L’énergie positive de Pôdevache fédère et compte aujourd’hui cinquante salariés et mille revendeurs dans dix-neuf pays. Il faut de l’envie, du travail, du sacrifice et une grande résilience. Une fois que vous avez ces ingrédients, vous pouvez devenir chef d’entreprise. Quelqu’un qui ne coche pas toutes ces cases ne doit surtout pas y aller.
C’est un projet qui me touche plus personnellement. Je l’ai lancé il y a un an et demi car une de mes filles est boulimique-anorexique. En suivant son parcours thérapeutique, je me suis aperçue que le mal être adolescent est un scandale sanitaire. Je ne suis pas la seule à m’en préoccuper, heureusement : le Sénat a voté en janvier une résolution qui fait de la santé mentale des jeunes une « grande cause nationale ». En créant ma structure, je me positionne en relais des familles vers les institutions et les politiques.
C’est d’agir en sensibilisant l’opinion, en encourageant la recherche et en offrant aux ados en souffrance une maison dans laquelle ils pourront surmonter leurs problèmes. Les parents se retrouvent souvent démunis face au mal être de leur enfant. Ils pourront trouver dans la Maison Génération Mercredi un espace santé de prévention, d’accueil, d’information, de consultations interdisciplinaires, d’hospitalisation et un étage de soins culturels et artistiques. Pour donner du sens à une association comme celle-ci, il faut s’appuyer sur les meilleurs, ceux qui rayonnent déjà, comme Maison&Objet par exemple. Je suis très heureuse de pouvoir compter sur des leviers aussi importants. Dans cette prise en charge spécialisée, la décoration intérieure joue un rôle thérapeutique.
L’ensemble doit être convivial, agréable, accueillant et attirant pour que les adolescents s’y sentent bien. Les locaux doivent être judicieusement décloisonnés et baignés par une lumière remplie d’espoir. La crainte de l’hôpital doit s’y dissiper.
Ma fille allait mourir à 12 ans, le professeur Rufo lui a sauvé la vie. En guise de merci, j’ai décoré la clinique avec Pôdevache. Comme il le dit – et cela nous lie à Maison&Objet – : « le beau soigne ». Dans le même temps, j’ai crée Génération Mercredi. Les maisons des ados, qu’il a créées sont des centres de ressources, de prises de prendre rendez-vous. Il n’y a qu’une structure d’accueil en France : la Maison de Solenn à Paris, créée par Bernadette Chirac. J’aimerais aller plus loin et intégrer du scolaire hybride pour éviter le décrochage des enfants.
Des décisions politiques. Il faudrait un programme d’assurance maladie calqué sur M’T dents qui détecte les problèmes dentaires. On l’appellerait M Tatête. Près d’un jeune sur trois rencontre des troubles. On parle tout simplement de la société de demain. Je n’ai aucun doute, je vais y arriver. Aujourd’hui, je recherche des investissements à hauteur de 20 millions d’euros pour fonder une première maison. J’aimerais beaucoup que Brigitte Macron participe comme l’a fait Bernadette Chirac il y a vingt ans.
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