« Alors, c’était comment Maison&Objet en Septembre ? ». Si vous avez du mal à faire la synthèse de ces 5 jours riches de tendances, de nouveautés, de conférences, d’événements, de rencontres, vous pouvez toujours répondre : le retour aux fondamentaux.
Le fun. Il s‘exposait en version XXL sur le stand de Philipp Plein. Les collections pour la maison du créateur de mode allemand ne pouvaient pas passer inaperçues. Lustres en verre de Murano cascadants, coussins et tapis aux motifs fantasques, tables basses et palmier en acier chromé et doré, tout comme le dressing qui supportait les vêtements griffés de la marque, invasion d’imprimés panthère et détails en cuir d’autruche, jungle de fleurs exubérantes, canapés capitonnés ou aux formes lascives... Il semble que l’univers de la maison s’étendent aussi pour le créateur à ses annexes. La Rolls Royce entièrement habillée de motifs panthère - hormis l’intérieur revêtu de cuir blanc - se gare certainement dans un garage assorti quand elle ne s’expose pas sur la moquette du salon.

Le French. Belles matières, pièces uniques, luxe, audace, élégance : les quatre talents réunis sur l’espace So french représentaient à la fois l’ambition des exposants du secteur Signature, au cœur duquel ils étaient mis en avant, et un certain regard sur la création en France aujourd’hui. Si ces quatre créateurs collaborent régulièrement avec de grandes maisons - parmi les plus belles en France : Roche Bobois, Pierre Frey, Philippe Hurel, Duvivier, Lalique, La boîte concept… - chacun produit en autoédition un travail d’auteur. Une nouvelle vague qui s’exprime dans les objets fantasques, narratifs et poétiques de Bina Baitel, les pièces aux lignes élégantes mariant subtilement les matières de Charlotte Juillard, la simplicité spectaculaire de la collection de Pierre Gonalons ou les savantes émulsions de savoir-faire, graphiques et visionnaires, de Samuel Accoceberry.
Le new. Maison&Objet est encore est toujours le tremplin de toutes jeunes maisons. Un compte Instagram encore balbutiant, un site internet créé deux jours à peine avant cette première présentation publique, à Paris donc… Our society propose en revanche une collection très aboutie. Bancs, tabourets, tables, chaises, suspensions et appliques se profilaient impeccablement avec leurs lignes nettes et leurs couleurs franches sur la moquette épaisse et se détachaient sur le fond mat et métallique d’un stand à la simplicité efficace. Les initiateurs de ce nouvel éditeur danois viennent de belles maisons de design ou de mode (House of Finn Juhl, Samsøe&Samsøe) ; Ils ont fait appel à des designers prometteurs : leur compatriote Karper Kyster, le duo français LeclercqViallet et les Berlinois de Studio œ.

L’indémodable. Face aux entreprises plus show off à l’image de Philipp Plein, l’utile qui ne néglige pas l’agréable est une constante sur le salon. Redecker n’a jamais raté une seule édition, présent en toutes circonstances avec des objets dont on ne peut se passer : brosses, balais, ustensiles de cuisine … pour nettoyer les parquets ou dépoussiérer les appareils électroniques. Malgré ses 83 ans, l’entreprise s’avère plus que jamais actuelle avec ses produits beaux, durables, en matériaux naturels, et qui savent aussi occuper brillamment le devant de la scène. Les plumeaux en plumes d’autruche se sont récemment affichés avec beaucoup de glamour dans les vitrines des boutiques Hermès de la rue du Faubourg Saint Honoré à Paris.
L’Asie de retour à Paris. Sur le stand d’Uchino, c’est un responsable japonais de la maison tokyoïte de linge de bain et d’intérieur, tout sourire sous son masque, qui vous accueillait. Enfin. L’entreprise n’avait jamais manqué une édition du salon parisien depuis sa création jusqu’à ce que la pandémie de Covid suspende les voyages internationaux. Ces limitations en vigueur depuis 2 ans ont été levées quelques jours avant l’ouverture de la manifestation parisienne. Et c’est donc avec un enthousiasme renouvelé que les serviettes, peignoirs, tapis de bain, pyjamas… aux matières techniques, brevetées et infiniment douces et confortables étaient présentés dans la capitale.

L’avenir durable… est devant nous, et il était juste là, sur l’espace Future on Stage avec les trois entreprises sélectionnées par un jury de professionnels et lauréates de ce nouveau tremplin offert par le salon à de jeunes pousses. Il avait les couleurs du mobilier d’extérieur d’Aluvy, qui bousculent les codes du mobilier outdoor avec des produits recyclables, made in France et surtout fabriqués à la demande. Il prenait la forme du mobilier et des accessoires pour chat des Allemands de LucyBalu dont les produits semblent viser, bien plus encore que le bien-être des félins domestiques, leur développement personnel ! Il s’habillait des matériaux acoustiques et esthétiques en textile recyclé conçus par Pierreplume® pour l’architecture et le design. Bref, il avait, comme le salon, un temps d’avance.
