Les cultures populaires sont au cœur du design contemporain, et ce n’est pas nouveau. Au cours d’une conversation riche placée sous le signe de l’innovation et de la transmission, trois studios de création entrent en résonance pour raconter la manière dont ils abordent la création et le collectif dans les mondes qui les ont façonnés.
Aurélien AltiusDesigner et cofondateur - Maison Super A
Souheyl AltiusDesigner en devenir - Maison Super A
Zakari BoukhariResponsable de l'ingénierie et cofondateur - Hall Haus
Abdoulaye Niang Designer, cofondateur et associé - Hall Haus
Youssouf FofanaCofondateur - Maison Château Rouge
Christelle Bakima PoundzaAutrice et critique culturelle
Designer et cofondateur - Maison Super A
Designer à l’approche instinctive et transversale, Aurélien Altius développe une vision du design mêlant expérimentation, narration et prospective. Formé à l’histoire de l’art à la Sorbonne, à l’ENSAAMA Olivier de Serres puis à l’ENSCI Les Ateliers, il construit une pratique hybride entre objet, espace, scénographie et direction artistique. Après des expériences en indépendant, en agence et au sein de grandes maisons de luxe, il fonde en 2022, avec sa femme et ses enfants, Maison Super A, un laboratoire créatif familial où transmission, intelligence collective et regards intergénérationnels nourrissent chaque projet.
Designer en devenir - Maison Super A
Souheyl Altius grandit au coeur de l’univers créatif de Maison Super A, entouré d’objets, d’espaces, d’images et d’expérimentations. Très tôt, il développe une curiosité naturelle pour le design et une fascination pour la manière dont les idées prennent forme. Passionné par les cultures visuelles et les processus de fabrication, il forge progressivement son propre regard à travers diverses expériences créatives. Aujourd’hui en STD2A, il participe activement aux projets du studio familial, où création collective, dialogue entre générations et imaginaires partagés nourrissent une approche singulière fondée sur la transmission, l’héritage familial et l’expression de chacun.
Responsable de l'ingénierie et cofondateur - Hall Haus
Hall Haus est un studio parisien de design et d’architecture fondé en 2020 par Abdoulaye Niang, Sammy Bernoussi, Teddy Sanches et Zakari Boukhari. Leur nom même — Hall, pour les espaces urbains du quotidien dans lesquels ils ont grandi, et Haus, pour la filiation avec les écoles de design — encapsule un parcours entre cultures, échelles et mondes sociaux. En seulement quelques années, Hall Haus a façonné une pratique qui embrasse le multiculturalisme, le sport, la musique et la vie publique comme des fondations légitimes du design d’excellence. Leur travail rappelle l’esprit démocratisateur de Virgil Abloh, tout en restant profondément ancré dans leurs propres expériences de créatifs parisiens marqués par les cultures diasporiques. Cet engagement envers l’accessibilité n’a rien de rhétorique. « Le design n’est pas accessible. La musique est populaire. Le sport est populaire. Donc l’idée est d’amener les gens vers le design ». Leurs objets, expositions et collaborations tendent systématiquement la main — aux jeunes créatifs, aux publics non initiés, aux communautés situées en dehors des cercles institutionnels — les invitant à entrer dans une discipline longtemps perçue comme exclusive. Zakari-Hocine Boukhari aka “Zakito” a 30 ans et vit dans le 20e arrondissement de Paris. Il est né en Algérie et il est arrivé à Paris à l’âge de 6 ans. Il poursuit ses études d’ingénieur en énergies renouvelables à Arts et Métiers. Il est à mi-chemin entre le design et industrie et il a pour volonté de travailler sur les villes de demain et surtout passe son temps à questionner la place de l’Homme dans notre monde.
Designer, cofondateur et associé - Hall Haus
Hall Haus est un studio parisien de design et d’architecture fondé en 2020 par Abdoulaye Niang, Sammy Bernoussi, Teddy Sanches et Zakari Boukhari. Leur nom même — Hall, pour les espaces urbains du quotidien dans lesquels ils ont grandi, et Haus, pour la filiation avec les écoles de design — encapsule un parcours entre cultures, échelles et mondes sociaux. En seulement quelques années, Hall Haus a façonné une pratique qui embrasse le multiculturalisme, le sport, la musique et la vie publique comme des fondations légitimes du design d’excellence. Leur travail rappelle l’esprit démocratisateur de Virgil Abloh, tout en restant profondément ancré dans leurs propres expériences de créatifs parisiens marqués par les cultures diasporiques. Cet engagement envers l’accessibilité n’a rien de rhétorique. « Le design n’est pas accessible. La musique est populaire. Le sport est populaire. Donc l’idée est d’amener les gens vers le design ». Leurs objets, expositions et collaborations tendent systématiquement la main — aux jeunes créatifs, aux publics non initiés, aux communautés situées en dehors des cercles institutionnels — les invitant à entrer dans une discipline longtemps perçue comme exclusive. Abdoulaye Niang aka “Le Nig” a 35 ans, il a grandi à Trappes dans les Yvelines et ses parents sont d’origine sénégalaise. Diplômé de l’ENSCI Les Ateliers en 2018 d’un master 2 en Création Industrielle, il s’oriente l’année suivante vers la Maroquinerie, notamment chez Louis Vuitton. Abdoulaye se définit comme un “designer global” qui agit sur des phénomènes non-tangibles comme la synesthésie et leur donne une matérialité. Trouver des associations d’idées, de formes, créer un vocabulaire propre sont ses centres d’intérêts. Cette réflexion vient ensuite être traduite par des objets et aussi des expériences qui ont pour vocation de bousculer notre rapport au monde. Son idée est de proposer des outils pour “devenir”, “comprendre” et “voir” sa pratique ou son espace d’une manière différente et pouvoir se réinventer.
Cofondateur - Maison Château Rouge
Autrice et critique culturelle
Christelle Bakima Poundza est autrice, critique culturelle indépendante, styliste, consultante créative et enseignante à l'IFM & à Sciences Po. Son travail explore les tensions narratives présentes dans les industries créatives en formulant une approche critique qui croise les questions de race, de classe et de genre. Autrice de l'essai « Corps Noirs. Réflexions sur le mannequinat, la mode et les femmes noires » (2023) et à l’initiative de « La Nakamurance », premier événement critique et culturel dédié à Aya Nakamura, en 2023 elle a été nommée parmi l'une des 7 personnalités inspirantes symbolisant des modèles de réussites en matière de diversité et d’inclusion dans la mode, par la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin. Son deuxième essai paraîtra à l’automne 2026.





