Espace d'Inspirations : HOUSE OF GAMES

scénographie par Vincent Grégoire (Agence NellyRodi)

Hall 7

© Anne-Emmanuelle Thion© Anne-Emmanuelle Thion© Anne-Emmanuelle Thion© Anne-Emmanuelle Thion© Anne-Emmanuelle Thion© Anne-Emmanuelle Thion© Anne-Emmanuelle Thion© Anne-Emmanuelle Thion© Anne-Emmanuelle Thion

Entrez dans le jeu, cet univers riche de signes, de formes, de couleurs et de récits pour réinitialiser la création. L’esprit ludique se nourrit de l’esthétique des jeux de société mais aussi des jeux de hasard ou encore des jeux d’équilibre. Damier, pions, cartes à jouer, dés, dominos, tarots… tout est prétexte à s’amuser.

La règle du jeu ? Théâtraliser le décor, miser sur un maximalisme joyeux et élégant, piocher la carte du Beau Bizarre. Le luxe de ce nouvel art décoratif voit rouge. Les matières sensuelles et les savoir-faire précieux remportent la mise. La partie joue avec les codes, les époques, les styles et les genres. Le collage en mode dadaïste et la juxtaposition d’éléments hétéroclites rebattent ainsi les cartes de l’inattendu. Les dés sont jetés. A vous de jouer.

Cinq questions à Vincent Grégoire (Agence NellyRodi)

Pourquoi avoir misé sur la thématique HOUSE OF GAMES ?
Avec les membres de l’Observatoire MAISON&OBJET, nous avions la volonté de choisir une thématique plus recentrée sur le cadre de vie. Le périmètre de la maison de jeux s’est dessiné de lui-même. Il fait écho à plusieurs signaux émis par les univers de la mode, de l’art contemporain, du luxe, du design et même de la gastronomie. Cette « maison de jeux » signe le retour d’un nouveau baroque, dandy, qui fait la part belle à la fantaisie, au décalage et au charme. Plus généralement, nous assistons au retour des jeux de sociétés, mais aussi des cercles privés, qui viennent compenser la solitude de nos écrans, et permettent de restructurer nos rapports sociaux avec des règles que l’on peut facilement s’approprier. Une étude récente menée par NellyRodi pour Google sur le rapport de la Génération Z au luxe, montre contrairement aux idées reçues sa capacité de déconnexion et l’importance qu’elle accorde à l’échange et à la communauté.

Quel parcourt avez-vous imaginé pour l’espace d’inspirations?
J’ai imaginé une succession de trois boites, qui s’ouvriront comme des écrins sur trois univers du jeu. Dans la première j’explore les jeux de/en société avec le développement d’un jeu d’échec dont les pions sont remplacés par des pièces maîtresses du design, dans un esprit dandy précieux qui évoque le positionnement social, l’enjeu stratégique du paraître. Dans la seconde, sur le thème des jeux de rôle/jeux drôles, je traite de la posture et de l’imposture, du retour à l’esprit dadaïste. Entre bricolage, télescopage et bidouillage, les règles du cadavre exquis gagnent l’univers de la décoration dans un mix and match historique, hystérique. Enfi n les jeux de hasard se prêtent à la création d’un boudoir où règne un ésotérisme de salon tendance « happy » occulte. En réaction au rationalisme ambiant, on plaide le retour de l’inattendu et on abat la carte de la « sérenpidité ».

En termes de style, quelles sont les règles du jeu ?
À chacun les siennes ! Ce qui compte c’est la capacité d’étonner, voire d’être sensationnel. Certains jouent des motifs graphiques et optiques, en usant du chevron et du damier, comme Nendo pour le grand magasin Seibu. À Paris, on renoue avec le registre de l’alcôve et la théâtralité du 19ème siècle comme chez Castel, au restaurant La Belle Époque, au Mathis ou à l’hôtel Maison Souquet où Jacques Garcia a reconstitué l’environnement d’une maison close. Face à trop de minimalisme, on assiste à l’avènement d’un nouveau décoratif excentrique. Sur le territoire de la mode, le style imposé par Alessandro Michele aux dernières collections Gucci évoque par son audace, cette énergie contemporaine très colorée, qui surfe avec brio sur une confusion des genres nourrie de détournements et d’emprunts.
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Quelles sont les pièces maîtresses de ces décors ?_
Un nouvelle manière de faire salon apparaît en fi ligrane de cette thématique. Les confi dents et les indiscrets du 19ème siècle font leur retour. Le capitonné Chesterfi eld redevient incontournable. Du côté des accessoires, la tendance va vers la construction d’un décor enrichi à la façon d’un cabinet de curiosités avec des vitrines, des miroirs sorcières, des trophées voire des bijoux de murs comme ceux de Michaël Cailloux. Il y a une vogue de l’ébénisterie, des beaux coffrets et des écrins. Les malles de Fred Pinel, les jeux d’échec signés Hermès, Vuitton ou Baccarat entrent dans la construction de lieux où aucune place n’est abandonnée à la banalité. Même le billard et le baby-foot se réinventent comme des objets décoratifs. Enfi n, les motifs porte-bonheur comme l’œil se déclinent sur tous les modes pour apporter des touches vibratoires positives.

Sur quelles matières faut-il parier ?
Je mise sur toutes les expressions du précieux. Dans l’esprit de la Belle Époque, les satins, les velours, le taffetas, la laque, la passementerie, le cristal taillé s’imposent pour célébrer une nouvelle fête des sens. Il y a un parallèle entre la révolution industrielle et la révolution numérique. Les jeux d’illusion, les refl ets, les transparences interviennent dans des dispositifs de mises en scène très narratifs auxquels s’associent des papiers peints comme ceux de Philippe Morillon, les collages, voire les vitraux comme ceux de Studio Job. La mixologie et une tendance à la pâtisserie kitsch et chic participent de cette envie de célébration ludique. Côté couleurs, c’est le rouge qui rafl e la mise. Celui des théâtres et de l’opéra, du tapis, mais aussi de la lampe des maisons closes. Entre transgression et révélation, il structure la magie d’univers exubérants, joyeux et sensuels.

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