Rosie Li

Rising Talent - Septembre 2019

Hall 6

« La sculpture, la technologie et la technique tout à la fois »

En 2011, Rosie Li, alors en dernière année à la Rhode Island School of Design (RISD), présente son projet de thèse à un groupe d’enseignants et de critiques invités. L’objet est une applique trian-gulaire inspirée de l’univers de l’artiste Frank Stella. L’une des critiques présentes, la créatrice de luminaires Lindsey Adelman, est tellement subjuguée qu’elle prend une photo de l’objet et l’envoie à Jason Miller, un designer et fabricant à New York.

Vos luminaires floraux s’inscrivent particulièrement dans la tendance décorative, mais comment réagiriez-vous si le minimalisme faisait son grand retour ?

Cela ne me poserait aucun problème, et puis, résumer notre série Blossom (Fleurs) à des créations purement décoratives est quelque peu réducteur. Pour moi, cette collection décrit le déroulement de la croissance végétale : comment restituer la manière dont les plantes poussent et bougent, des actes qu’elles font naturellement, qui sont inscrits dans leurs cellules ? Pour nous, c’est un vrai défi de fabriquer ces objets car ils sont tellement organiques… Il nous faut d’abord créer un prototype, puis l’ajuster, et passer à la fabrication de l’objet en métal, puis de nouveau procéder à des ajustements, afin de traduire au plus près ce que la nature fait spontanément. Je dois prendre des notes de ce que j’observe dans la nature, puis rétroconcevoir ce que j’ai observé.

Les reproductions non autorisées de vos luminaires vous posent-elles problème, comme c’est le cas pour nombre de designers ?

Absolument. C’est un peu frustrant qu’il n’y ait pratiquement pas de recours contre la contrefaçon de mes créations. Mais si je devais me lancer dans une procédure, cela me coûterait beaucoup de temps et d’argent. Or je suis bien trop occupée pour cela. Alors, quand cela se produit, c’est certes désolant mais je m’attelle à de nouveaux projets. C’est ce qu’il a de mieux à faire.

Comment envisagez-vous la croissance de votre activité ?

J’imagine un développement tel que je n’aurai plus besoin de participer à la fabrication des objets, même si tout créateur qui se respecte doit y être particulièrement impliqué.

Par conséquent, c’est important pour vous de conjuguer les deux activités d’agence et d’atelier de design ?

Pour tout projet qui se présente à nous, la première question que nous nous posons est : « Pouvons-nous le faire nous-mêmes ou bien avons-nous besoin de faire appel à un expert ? » Si nous pensons que la meilleure solution est de sous-traiter un machiniste ou un fabriquant, nous essayons tout de même de mener le projet en interne, c’est le meilleur moyen d’apprendre et d’exprimer notre propos.

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