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Tristan Auer : DESIGNER OF THE YEAR AWARD SEPTEMBER 2017

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© Olivier Amsellem / © Fred de Gasquet / © Oliveir Deschamps agence VUÔÇÖ / © Guillaume Grasset

A l’étranger, son nom est synonyme de luxe et de sur mesure. Fort de l’héritage des grands ensembliers des années 20 et 30, l’architecte d’intérieur diffuse son style fluide dans le secret des résidences privées, le faste hôtelier ou le design de mobilier. Rencontre avec Tristan Auer, Créateur de l’Année MAISON&OBJET septembre 2017.

De l’enfance heureuse à Aix en Provence aux confins des territoires du luxe, Tristan Auer raconte une trajectoire sinueuse, façonnée par le hasard des rencontres et la magie de l’accident. Ses premiers pas le voient monter à Paris pour suivre ses études à l’école Penninghen. Et l’heureux destin s’en mêle lorsqu’il enchaîne les expériences chez Christian Liaigre et Philippe Starck. Avec la maturité de ses 48 ans, l’homme reconnaît avoir eu la chance de « commencer petit et de ne jamais avoir manqué une marche. » Une fois ouvert son bureau de création à Paris en 2002, les beaux chantiers se succèdent. Aménagements de boutiques (Chanel, Nina Ricci, Lolita Lempicka), d’hôtels (Les Bains, l’Hôtel du Louvre) et d’appartements… Une évolution lente et sûre qui le propulse dans les sphères les plus exclusives aux quatre coins du monde.

Approché par le studio américain Wilson Associates – l’un des leaders mondiaux de l’architecture d’intérieur -, il accepte d’accompagner l’entreprise de 45 ans vers des prestations qui font la part belle au sur mesure et il devient leur directeur artistique. Banco ! La formule fait recette. Tristan Auer est encore plus demandé à l’étranger. Ses chantiers du moment ? Chine, Dubaï, Europe, Etats-Unis, Caraïbes… Il analyse : « Notre métier s’exporte très bien. Les architectes d’intérieur français sont reconnus pour leur goût sûr, enrichi par des siècles de recherches. » Tristan Auer revendique l’esprit d’ensemblier qu’avaient les décorateurs des années 20 et 30, comme Paul Dupré Lafon, André Arbus ou Jacques Adnet. Il vante leur travail main dans la main avec les artisans d’art, à qui ils proposaient un dessin, sans jamais rien imposer. « L’artisan connaissant son métier, l’adaptait à quelque chose de réalisable ; les contraintes techniques amélioraient, sublimaient ces dessins abstraits que l’on peut avoir de manière indépendante et solitaire, devant une table de travail ». Tristan Auer en est bien conscient : « Sans mes équipes et mes artisans derrière moi, je ne suis pas grand chose ». L’homme est modeste, et déclare « Ma vraie fierté ? Quand mes clients me disent qu’ils sont bien chez ceux. C’est égoïstement gratifiant ! »

Ne lui demandez pas de parler de son style. « J’ai très mauvaise mémoire et j’oublie vite ce que j’ai fait. Cela ne m’intéresse pas de reproduire les mêmes choses jour après jour. » Il assume de ne jamais regarder de magazines de déco et de n’arpenter que rarement les salons professionnels : « Je crois que les choses essentielles sont enfouies au fond de nous. Il faut s’écouter davantage pour capter des idées originales, mêmes si elles devront s’inscrire ensuite dans une réalité économique. » Pour le Créateur de l’Année MAISON&OBJET, le dessin se trouve au cœur de son processus créatif : « Tout passe par la page blanche et le trait, qui finit par devenir fluide. Il faut ensuite organiser les formes, les voix des projets et, une fois les idées en place, il faut les tirer vers le haut. » A l’entendre, le dessin est un acte politique fort, le moment où la parole devient réalité : « Ce serait merveilleux si plus de gens prenaient un stylo pour passer à l’acte plutôt que de s’écouter parler. Le résultat immédiat, instantané, plaisant ou non, a le mérite de nous mettre face à nous-mêmes. »

Autre impératif de la création selon Tristan Auer : il faut accorder les idées à l’air du temps, « saisir le bon timing, être en phase avec l’évolution et les demandes des gens. » Pour cela, il aime s’offrir une balade le nez au vent, ou contempler la beauté de Paris, à moto. « Quand je voyage en train ou en avion, je feuillette un magazine totalement étranger à mon univers. Macramé, pêche à la mouche, chasse… tout me nourrit. » Et l’architecte d’intérieur de prôner l’acceptation du risque, l’ouverture à l’incertitude, la provocation de l’inédit : « on n’est jamais aussi bon que dans ce qu’on n’a jamais fait. J’aime dire oui à des projets qui me bousculent. » Nouveaux horizons de création ? En plus des espaces communs et des boutiques du très attendu Hôtel de Crillon, Tristan Auer se lance dans une nouvelle aventure : les intérieurs de voitures sur mesure. Et rêve de tant d’autres contrées créatives à défricher. « J’adorerais faire des décors de cinéma, comme Andrée Putman avec Peter Greenaway, dans le film « The Pillow Book », et pleins d’autres choses »… Et le créateur de l’année MAISON&OBJET de conclure : « la vie nous appartient. »

www.tristanauer.com

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